Le fondateur du mouvement En Marche! a largement battu Marine Le Pen au second tour

macron-rend-hommage-a-jauresC’est fait, a 39 ans, celui qui était encore inconnu des Français il y a trois ans devient le huitième président de la cinquième République. Emmanuel Macron a en effet largement battu la candidate du Front National, Marine Le Pen. Les deux finalistes ont obtenu environ 65,1% (Ipsos) et 65,5% (Sofres) pour Emmanuel Macron et Marine Le Pen entre 34,5% et 34,9%. Pour sa part, le taux d’abstention dépasserait les 25%, soit le plus fort taux depuis l’élection de 1969, lors du second tour entre Georges Pompidou et Alain Poher.

C’est peu dire que cette élection constitue une déflagration dans le monde politique « classique ». C’est la première fois depuis le début de la cinquième république qu’aucun des « partis de gouvernement » n’a de représentants au second tour de la présidentielle, Benoit Hamon (PS) et François Fillon (« Les Républicains »), ayant mordu la poussière dès le premier tour.

En revanche, c’est la deuxième fois en quinze ans que le Front National réussit à se qualifier pour la finale. Jean-Marie Le Pen avait ouvert la voie en 2002, réunissant 17% des voix. Cette année, sa fille Marine a fait plus que doubler ce score. Le fameux « plafond de verre » s’élève très nettement pour le FN…

D’ailleurs, Marine Le Pen est immédiatement repartie au combat, annonçant dans son premier discours de battue qu’elle mènera la campagne du FN pour les législatives. Elle en a profité pour expliquer que le « Front National doit se renouveler », annonçant une « transformation du mouvement ». Une façon pour elle d’immédiatement contrer une éventuelle contestation interne contre sa campagne et ses proches..

Pas d’état de grâce

Emmanuel Macron a donc triomphé après une inédite chevauchée solitaire d’une année et d’incroyables concours de circonstances. C’est en effet en avril 2016 qu’il a créé son mouvement En Marche! et c’est seulement fin août 2016 qu’il a démissionné de son poste de ministre de l’Économie du gouvernement Valls. L’annonce de sa candidature à l’automne fut l’un des éléments empêchant François Hollande de briguer un second mandat. Emmanuel Macron a aussi parfaitement su jouer des lignes de fractures qui partagent le PS et, à droite, les mésaventures de François Fillon lui ont largement dégagé la route.

En tout état de cause, le plus jeune président de la République jamais élu sait qu’il va bénéficier d’aucun état de grâce. Son élection ne repose en effet pas sur une très large adhésion, comme l’atteste son score du premier tour (24%). Il sait que de nombreux suffrages se sont portés sur lui – au premier comme au second tour – pour faire barrage à la candidate du Front National.  Et, à la différence de 2002, la constitution d’un « Front Républicain » a été très laborieuse, même si la quasi-totalité des ténors de la droite et de la gauche ont appelé à faire barrage à Marine Le Pen. En revanche, plusieurs voix ont manqué pour appeler franchement à voter Emmanuel Macron.

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